Déclaration de la présidente de GAAMAC sur la Journée internationale de la commémoration et de la dignité des victimes du crime de génocide et de la prévention de ce crime

9 décembre 2020

Déclaration de la présidente de GAAMAC sur la Journée internationale de la commémoration et de la dignité des victimes du crime de génocide et de la prévention de ce crime

Je suis honorée de me joindre, au nom de GAAMAC, à tous ceux qui élèvent aujourd’hui leur voix pour commémorer et rendre hommage aux victimes et aux survivants du génocide.

En ce jour, nous marquons le 72e anniversaire de la Convention pour la prévention et la répression du génocide, une étape importante pour la communauté internationale dans son engagement à ne plus jamais permettre d’atrocités.

Cette convention historique a jeté les bases d’une justice pénale internationale moderne en reconnaissant pour la première fois le génocide comme un crime international et en s’appuyant sur la déclaration célèbre du jugement de Nuremberg selon laquelle “les crimes sont commis par des personnes, et non par des entités abstraites”.

La Convention, adoptée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, est inextricablement liée à la création de cours et de tribunaux internationaux à la fin du XXe siècle. Il a fallu de nombreuses décennies pour mettre en œuvre la Convention et elle n’a pas encore atteint la ratification universelle. Pourtant, il y a effectivement beaucoup à célébrer dans la recherche de la responsabilité des crimes internationaux les plus graves depuis son adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1948.

Cependant, malgré la nature péremptoire de l’interdiction de commettre un génocide et la constatation générale de la nécessité de le prévenir et de le réprimer, des crimes d’atrocité continuent de se produire aujourd’hui, en ce moment même, dans diverses régions du monde et des vulnérabilités structurelles continuent de mettre nos sociétés en danger.

La pandémie de Covid-19 a contribué à exposer ces vulnérabilités et à exacerber les divisions sociales, économiques et politiques dans nos communautés. La xénophobie, la discrimination et d’autres formes d’intolérance et d’exclusion sont en augmentation et leur diffusion est facilitée par les technologies numériques.

Il est clair qu’il faut faire beaucoup plus pour prévenir efficacement les génocides et autres crimes d’atrocité. Il est crucial que nous redoublions d’efforts pour promouvoir la ratification et la mise en œuvre universelle de la convention sur le génocide. Il est également essentiel que nous identifiions, comprenions et traitions dans chacun de nos pays les causes et les processus sous-jacents qui peuvent aboutir à des crimes d’atrocité sur une base permanente, par l’éducation, la commémoration et des politiques et mécanismes appropriés, avant qu’ils ne dégénèrent en conflit et en violence.

Une action efficace contre le génocide et les crimes de masse nécessite la collaboration et la coordination de la communauté mondiale dans son ensemble. Elle exige une action efficace de la part des États, des organisations internationales et régionales ainsi que des organisations de la société civile, y compris le secteur privé et les universités.

GAAMAC, avec ses partenaires et amis, réitère son engagement à s’engager et à contribuer aux efforts de tous ceux qui prennent des initiatives, au niveau international et national, pour prévenir les crimes de masse contre les populations.

 

Juge Silvia Fernández de Gurmendi

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