Un procès fictif sensibilise à l’éthique et aux droits de l’homme

1 mars 2023
Le 31 janvier 2023, le procès fictif d'Ernst Rüdin a eu lieu au siège des Nations unies à New York. Ernst Rüdin était l'un des principaux conseillers du gouvernement nazi en matière de politiques et de pratiques d'hygiène raciale. Son procès fictif a été conçu comme un projet éducatif d'une importance à la fois humaine, morale et déclarative.

Le procès fictif a attiré 32 jeunes leaders (16-21 ans) de 10 pays différents.

Parmi les juges figurait Silvia Fernandez de Gurmendi, présidente de GAAMAC et ancienne présidente de la Cour pénale internationale. Elle possède une connaissance approfondie de l’Holocauste, de la mémoire et des questions connexes, ayant été, entre autres, représentante spéciale de l’Argentine auprès de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste.

Angelika Nussberger, ancienne vice-présidente de la Cour européenne des droits de l’homme, et le professeur Elyakim Rubinstein, ancien vice-président de la Cour suprême israélienne.

Alon Chan, président de l’Institut Weizmann pour la science, et David Deutsch, chef de la section Asie et Afrique de l’École internationale d’études sur l’Holocauste, Yad Vashem.

Le procès fictif a mis en lumière un aspect moins connu de l’Holocauste : les perversions éthiques et l’idéologie eugénique du régime nazi, en particulier dans le domaine de la médecine, de la santé publique et de la recherche médicale.

Ernst Rüdin était l’une des plus hautes autorités médicales de l’Allemagne nazie. Il a été président de la Société allemande des psychiatres et neurologues, directeur de l’Institut de psychiatrie Kaiser Wilhelm de renommée internationale et chef du groupe de travail spécial sur l’hygiène raciale au sein du ministère nazi de l’intérieur. Il était un fervent promoteur de la théorie et de la pratique eugéniques bien avant l’arrivée au pouvoir d’Hitler et, avec l’avènement du régime nazi, il est devenu l’un des principaux artisans de la loi nazie sur la stérilisation forcée (1934). En outre, il a été profondément impliqué dans la soi-disant “euthanasie” de 300 000 patients psychiatriques pendant la Seconde Guerre mondiale.

Rüdin n’a pas été choisi uniquement en tant qu’accusé individuel dans le faux procès, mais en tant que représentant d’une large catégorie de dirigeants, de scientifiques et de penseurs qui se sont livrés à l’incitation raciale et ont justifié la violation flagrante des droits de l’homme, en fondant leur position sur des affirmations rationnelles, scientifiques et philosophiques.

Les arguments

L’accusation, étayée par des documents d’archives originaux, s’est attachée à relier l’accusé à la loi sur la stérilisation forcée et au programme d’euthanasie, en incitant des médecins psychiatres allemands à commettre ces crimes bien avant l’accession d’Hitler au pouvoir. Sa responsabilité de commandement en tant que conseiller principal du gouvernement nazi et en tant que haute autorité scientifique a également été présentée comme un argument.

La défense, quant à elle, a tenté de démontrer que Rüdin n’était pas coupable des crimes. Elle a notamment fait valoir que le fait de juger Rüdin pour sa qualité d’hygiéniste racial constituait une “application sélective” de la loi, compte tenu du fait que la stérilisation forcée était largement acceptée et prônée à l’époque comme une science médicale appropriée dans le monde entier (eugénisme).

Un outil pour éduquer

Ce dernier argument a contribué à l’une des leçons pédagogiques du procès : le type de pensée qui a contribué aux atrocités commises dans l’Allemagne nazie et qui a donné une autorité scientifique à l’exclusion et à la persécution des minorités était en fait répandu dans le monde entier à l’époque. Cela montre à quel point les futurs dirigeants devront être vigilants pour identifier de telles trajectoires au sein de leur propre population et de leurs leaders d’opinion.

Les procès fictifs sont un outil puissant pour éduquer et inculquer des valeurs aux jeunes étudiants. Les jeunes animateurs impliqués sensibilisent leur groupe d’âge à son contenu, en amenant leurs pairs à écouter et à réfléchir aux thèmes abordés.

Ce projet est la première étape d’un programme international visant à intégrer les questions d’éthique et de droits de l’homme dans les programmes scolaires du monde entier, notamment en sensibilisant à l’Holocauste, non seulement en tant que question juive, mais aussi en tant que préoccupation majeure de l’humanité.

L’enregistrement de l’événement, ainsi que les conférences et discussions de fond, seront utilisés pour un film ou une série télévisée de 4 à 5 épisodes. Ce contenu vidéo fera également partie d’un kit pédagogique sur le sujet destiné aux écoles du monde entier.

L’idée est de disposer d’un kit “ajouter de l’eau et mélanger” avec lequel n’importe quelle école dans le monde pourra produire son propre procès fictif sur les droits de l’homme, avec tout le matériel prêt à l’emploi, en recrutant pour l’effort des juges locaux et des représentants du gouvernement et en ayant comme public l’ensemble de l’école et toutes leurs familles.

 

Le procès fictif international sur les droits de l’homme est une initiative du Dr Avi Omer, qui a développé les procès fictifs comme un outil pour inculquer les valeurs des droits de l’homme aux jeunes leaders, et a été développé par M. Sefi Fischler, directeur et coordinateur du projet. Le projet s’inscrit dans le cadre des activités du Forum d’excellence sociale, une organisation à but non lucratif fondée par le Dr Omer pour former les futurs dirigeants.

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